N° du set31079
FranchiseCreator 3-en-1
CollectionVacances
Nb. de pièces379
Nb. de minifigs2
Âge conseillé8+
Prix max (2019)32.99€

Youpi banane, le soleil est de retour ! Ah, à nous les mélanomes du bonheur, nous allons pouvoir à nouveau imiter le steak haché en nous grillant le recto puis le verso sous la chaude caresse de notre source principale de chaleur et de cancers de la peau. Pour fêter cela nous allons nous intéresser cette fois-ci à un truc de saison – ou presque – et qui est le moyen de locomotion préféré du surfer à la cool. Pourtant Dieu sait à quel point je méprise les surfers, et ce malgré la présence de certains spécimens au sein même de ma famille ! Diantre, avons-nous fait les croisades pour tomber si bas ? C’est en tout cas ce qu’il semble ; mais malgré la présence de surfers, suppôts du diable, lie de l’Humanité, jusque dans nos boîtes Lego, il est de notre devoir de les affronter, la tête haute, l’esprit vif et l’œil vigilant.

Une fois n’est pas coutume (mais le deviendra soyez-en sûr) nous allons nous aventurer hors de l’univers City (mais pas bien loin) pour voguer vers la franchise Lego Creator qui se divise en deux catégories principales : Expert et 3-en-1. Pour les néophytes qui oseraient s’aventurer en cette terre étrange des assembleurs de brique, Expert est la collection reine, le choix de l’esthète et un jour peut être j’aurai réussi à refourguer un rein à bon prix pour m’en payer deux ou trois ; c’est la collection connue pour être vraiment celle de l’objet … de collection, avec des milliers de briques et la reconstitution par exemple d’un cinéma avec son immeuble complet et son bout de rue. 3-en-1 est une collection un poil moins ambitieuse, proposant des constructions certes moins complexes mais surtout bien moins chères, tout en reprenant un concept des vieilles boîtes de Lego (comme celles déjà testées sur ce même blog) proposant des montages alternatifs à celui des instructions fournies dans le livret.

La principale différence avec ces saintes reliques d’antan (constituées de tout ce qui se passe avant le bug de l’an 2000) c’est que l’on dispose désormais de trois manuels pour les trois montages principaux, ce qui est bien urbain. On commence ? Oui ? Allez c’est partit pour un petit déballage des familles.

Ça sent bon le sable chaud et les baïnes landaises emportant l’aoûtien au loin.

– Le montage –

Attention, votre niveau de coolitude va désormais atteindre son maximum grâce à Enguerrand et Léopoldine, nos deux jeunes fana de l’appeau à requin (requin qui manque cruellement pour compléter ce set comme il se doit !). Oui je commence direct en leur donnant des noms qui fleurent bon les étés avec les scouts d’Europe et les vêpres avec monsieur le curé, ils l’ont bien mérité. Peu de matériel en dehors d’une paire de jumelles et de la sacro-sainte tasse à café qui ici doit certainement servir davantage à des infusions détox, mais bon. La planche de surf est une habituée des sets 3-en-1 qui ont une fâcheuse tendance à se pencher sur l’univers des vacances, mais ce coloris là ne se trouve que dans cette boîte-ci ou dans un set Lego Friends (on ne hue pas s’il vous plaît).

Les mini-figurines sont quand même bien sympathiques, et leur look transpire les gens insupportablement jeunes, beaux et sveltes qu’on croise sur les plages en été et qui nous enragent dès qu’on pose son regard sur son propre bide. Ne niez pas, je sais que nous sommes égaux à ce niveau-là !

Enguerrand et Léopoldine passion chimiothérapie. Léopoldine a le bon goût d’avoir deux possibilités d’expression faciale, le double de Tom Hanks donc.

Quand je parle de montage, celui-ci ne concernera que la construction principale ; les autres constructions n’utilisant seulement qu’une partie des briques fournies sont ici considérées comme des constructions alternatives, et seront traitées plus loin dans ce même article. Ledit montage n’est pas découpé en plusieurs temps bien que la construction du toit et de l’équipement embarqué dessus est proposé comme une partie à part qui se clipse à la fin sur le reste de la construction. Tant qu’on y est on parlait plus haut des figurines, mais en finissant la construction on se rend compte que pas mal d’éléments viennent s’ajouter pour jouer avec. Deux transats, une table basse et un grill finissent par être construit et permettent d’imaginer moult scénettes cocasses comme cette désopilantes histoire où Enguerrand singe le provincial qui fait cuire des merguez… Ah la la, qu’est-ce qu’on s’amuse !

Ironie à part, les éléments fournit sont vraiment sympathiques.

Bien que nous en reparlerons plus loin, la constructions s’axe autour de la découverte des différentes fonctionnalités de ce van qui ne porte absolument pas le nom de combiné Volkswagen, mais qui en a tout. Du coin couchette à la kitchenette, en passant par les différents rangements, la construction est un modèle d’élégance et se fait avec plaisir. Il n’y a pas de passages répétitifs où l’on se doit de répéter X fois la même construction, et même l’apparente symétrie de l’engin ne l’est pas tant que ça, avec son ouverture latérale, le designer a dut se casser la tête pour proposer une apparence symétrique alors que la construction ne l’est pas, chapeau !

Je n’ai pas trouvé à ce montage de complexités particulière. Souvent – je le sais bien – je râle sur la fragilité de certains sets, et de la faiblesse structurelle de certains éléments ; et bien là il n’en est rien, c’est élégant, mais aussi robuste. Allez ! Pour vraiment chercher la petite bête, il y a bien deux trucs qui me chiffonnent un peu. Le premier c’est le pare brise avant. Je ne comprend pas pourquoi il est proposé en deux briques au lieu d’une seule. Ça n’est pas forcément intéressant au niveau construction ni pertinent au niveau esthétique, mais bon on est sur du micro-détail. Le seconde, c’est la proportion de l’engin par rapport aux engins habituels de chez Lego, notamment de Lego City. Si je reprends mon sacro-saint camion de pompier 60107 et que je le pose à côté, celui-ci est un peu plus petit que le van, et il parait moins massif, c’est un peu la tristitude.

J’ai un peu de mal avec les proportions des deux camions, le camion de pompier, au vu de sa machinerie est sensé être plus grand… non ?

Sinon au niveau des points particulièrement positifs, et qui sont foutrement nombreux, nous avons le fait qu’il n’y a absolument aucun sticker à coller sur les briques (et on ne va pas s’en plaindre). Le van est décoré de deux lignes horizontales et parallèles (je sens que je suis en train de perdre tous les enfants du Pays de Galles avec mes termes), l’une bleu, l’autre grise, qui ne sont faites que de briques et qui pour la grise, a le bon goût de se poursuivre sur le pare-choc avec élégance. Dernier petit point et non des moindre, le prix qui, ramené au nombre de briques, est largement intéressant de base. Ne nous emballons pas trop non plus sur ce dernier point, car il y a briques et briques, et ce van propose majoritairement des petites briques dont le cout de fabrication est moins élevé, d’où le prix en deçà du ratio habituel.

On notera le petit détail du bouchon du réservoir d’essence, qu’on retrouve majoritairement sur les version voitures électriques chez Lego City.

Maintenant qu’on a vu ça, je crois qu’on a un peu dit tout ce qu’il y avait à dire sur le montage et la boite en général, donc un peu de vidéo pour vérifier le bazar. Ah deux choses : La première c’est que le fond claque bien mais qu’il n’est pas encore finit, donc ça s’annonce grandiose à long terme. La seconde c’est que les vidéos s’allongeant, je vais certainement mettre du son dessus. J’hésite entre musique et bruits d’ambiance ou un juste mélange des deux, j’apprécierai beaucoup d’avoir vos avis là-dessus.

– Interactions et Univers –

C’est donc clairement le thème des vacances (avec un gros relent spring break) qui est abordé avec ce set 3-en-1 (j’ai tellement l’impression de parler d’un dentifrice …) et en terme de finition comme d’immersion dans cet univers particulier, on est à fond dedans. On commence avec un petit tour d’horizon de l’intérieur du van qui n’a rien à envier aux appartements parfois ultra exigües qu’on rencontre ça et là que ça soit dans les franchises Creator ou City. A l’intérieur on trouve donc un coin lit qui pivote pour pouvoir accéder à un espace de rangement. Au dessus on remarque une petite veilleuse. Depuis le lit on peut regarder aisément la télévision, située à l’opposée de la cabine. Entre les deux une table pivote pour les repas, et quand elle n’est pas descendue, les personnages ont accès à un mini-frigo, surmonté de plaques électriques, d’un grill, d’un robinet d’eau et d’un évier pour la vaisselle. La tasse à café et un petit pot de fleur finissent de compléter ce petit intérieur ma fois bien coquet. Oui j’utilise des mots que j’ai appris en lisant les Schtroumpfs, on a la culture qu’on peut.

Peut être l’espace de vie le plus complet que j’ai monté à ce jour !

Si l’intérieur est vraiment très aboutit et permet déjà d’imaginer milles petites scènes, l’extérieur n’est pas en reste, grâce à l’équipement de camping proposé et qui trouve sa place sur le toit. On en a parlé plus haut avec la petite scénette montrant l’intégralité des transats et le grill une fois déployés, donc on ne va pas s’étendre trop longtemps dessus. En tout cas l’espace de rangement est superbement bien pensé, et tout s’y imbrique parfaitement ; Lego s’est même permit le luxe pour une fois de ne pas forcément coller le tout au poil de Loup du Nord prêt, ce qui est assez peu commun tant on sait qu’à Billund le moindre centimètre carré de surface non utilisé semble être un affront.

On a tous connu des gens qui ne pouvaient pas partir en vacance sans emmener de quoi survivre à un hiver nucléaire avec eux. Ce set leur rend un vibrant hommage.

Pour finir, conquis par le set, j’ai aussi un sentiment étrange par rapport au thème abordé qui fleure bon les années 70, du The Doors à fond dans le lecteur cassette et la route 66 qui se profile droite à l’horizon. C’est parfaitement personnel mais j’ai été gagné par une certaine nostalgie en pensant à cette époque révolue qu’ont connu mes parents et qu’on pense à tort plus simple que la notre. Ça m’évoque Nino Ferrer, Cat Stevens et les Stones. Les interminables voyages de nuit pour atteindre les plages et le reste de la famille. Un bel hommage à cette époque que rend Lego par ce petit véhicule conçu avec amour par un designer exigeant.

« Allez on arrête de chialer et on va passer à la suite » me hurle ma schizophrénie, aujourd’hui représentée en la personne de l’adjudant-chef Lebigleux.

♫ « On the road again, again, again » (air connu) ♫

– Montages secondaires –

Oui on commence direct par une photo ! C’est tellement la révolution !

Allez c’est parti pour les montages secondaires. Comme le montre la photographie ci-dessus, on voit que les livrets d’instruction de montage sont plus petits que celui du montage principal et on imagine (à raison) que ceux-ci vont requérir beaucoup moins de temps de montage et surtout beaucoup moins de briques.

Ni une, ni deux, on commence directement par la construction du petit quad et du petit morceau de plage qui correspond certainement à la destination choisie par nos vacanciers de plastique pour poser leurs augustes fessiers de beatniks.

Mer haute ? Mer Basse ? Ce drapeau rouge explique-t-il le peu de présence d’autre juillettistes sur la plage ? Le mystère reste entier.

Le premier montage alternatif est donc une cahute de maître-nageur façon garçonnière de Mitch Buchannon. Cette dernière bien que construite de façon amusante avec son utilisation à la renverse des briques constituant la vitre de la tour ne possède pas vraiment d’aménagement autre qu’un petit robinet qui sert, on l’imagine bien, à se laver les pieds en sortant de la plage. Je ne suis pas très emballé par l’ensemble notamment par les couleurs jaunes et beiges qui se mélangent légèrement pour tenter de constituer le sable, ni par les vagues en bleu. C’est un sentiment personnel mais je trouve dommage de figer une vague.

Ceci mis à part l’ensemble n’est quand même pas dégueulasse et le petit quad qui ira avec bonheur détruire les dunes alentour et défoncer les paysages de bord de mer sont plaisants et permettent de poursuivre avec joie l’histoire d’Enguerrand et Léopoldine.


O Enguerrand ! Enguerrand ! Pourquoi es-tu Enguerrand ? Renie ton père et abdique ton nom ; ou, si tu ne le veux pas, jure de m’aimer, et je ne serai plus une de Margerie. » in la tragique histoire du groupe Total.

Pour le second montage alternatif, on part sur autre chose avec la construction d’une voiture décapotable qui a été pour moi l’occasion de découvrir qu’il suffisait alors de changer la coupe de cheveux d’Enguerrand avec celle de Léopoldine et … zou ! On change complétement d’univers ! Adieux les jeunes gens aux mœurs approximatives, nous voici en 1991, et c’est Thelma et Louise ! Je ne sais pas vraiment pourquoi mais ça m’a frappé. Est-ce intentionnel de la part de Lego ou tout simplement est que ce film fait désormais tellement parti de l’imaginaire collectif qu’il est une référence visuelle immédiate et presque inconsciente ? Je n’en sais rien, mais en tout cas j’ai pu jeter la voiture à fond les ballons depuis la table du salon en riant comme un fou, puis j’ai expliqué à mes enfants qu’il est formellement interdit de jeter les jouets ! « Ça s’appelle l’éducation, prenez-en de la graine bande de néo-gauchistes ! » Merci Adjudant-Chef, on vous appellera quand on aura besoin…

Bon, la voiture ne ressemble pas plus que ça, mais quand même, y’a un petit air !

La construction permet d’avoir une voiture puissant dont le moteur à l’avant semble puissant vu la place qu’il prend. Cela fait quand même un véhicule là aussi démesurément grand, mais bon osef comme disent les vieux qui se croient jeunes sur l’internet. On peut soulever le pare-brise pour exposer un peu le moteur, mais ce n’est pas bien excitant. L’intérêt réside purement dans les lignes de la voiture, et les amateurs de vroum-vroum apprécieront certainement (ou pas … qu’est-ce que j’en sais moi ?) ; les cinéphiles passeront eux leur temps à envoyer voler le petit bolide.

Et on ouvre le capot pour y voir …. rien…

– Conclusion –

Alors alors ! Que penser de ce set 31079 le van des surfeurs qui se deale aux alentours de 33 euroboules chez tous les bons dealers de briques ? Et bien que c’est une très belle réussite (même si dans la gamme creator il faut avouer qu’on est rarement déçu) et que pour le prix proposé, on a vraiment un must have pour tous les fans de la période cheveux longs et rock garage. Il est aussi un excellent set pour jouer et inventer des histoires avec ses enfants tout en leur racontant combien papi et mamie aimaient courir nus dans la boue dans des festivals pleins de drogues et d’anarchistes devenus depuis politiciens respectables ou femmes et hommes d’affaire convaincus.

« Zou, on est parti ! Direction Meulin ! »

Bref, vous l’aurez largement compris je suis largement conquis par ce set qui regroupe tout ce que j’aime dans une histoire Lego : un design exemplaire, un soupçon de pensées nostalgique pour trentenaire, un univers pensé et assumé. Allez circulez maintenant, et arrêtez de me regarder la larme à l’œil, c’est assez gênant comme ça.

On se retrouvera bientôt pour un nouveau set, qui risque de faire pin-pon-pin-pon, en attendant que les Lego City – Mission To Mars arrivent !

P.S. : Si vous avez des remarques sur la tenue de ce blog (trop de photos, pas assez, photos mal faites, textes trop longs, trop courts, etc) n’hésitez pas à me laisser des commentaires, et j’essaierai de ne pas les ignorer !