N° du set6375
FranchiseLegoland
CollectionAéroport
Nb de pièces208
Nb de minifigs2
Age Conseillé7+
Prix max (occasion)25€
Prix max (neuf)200€ … oui

John était aux commandes de plusieurs milliers de tonnes de métal vrombissant. Au loin il percevait la côte et la promesse de la fin d’un harassant voyage, voyage l’ayant conduit en ces terres maudites des hommes et des dieux. Enfin, il arrivait, et bientôt il se reposerait. Teddy était mort. Une balle avait traversé le cockpit ! Son co-pilote en moins, il pilotait le zingue seul, et cela faisait déjà plusieurs heures que John luttait contre Morphée, mais sa mission primait sur sa santé. Telle est la dévotion inaltérable d’un vrai américain envers le devoir que lui impose sa patrie chérie ! Bientôt il reverrait Suzie et ses jambes interminables ! Bientôt il gl…

C’est après une coupure de courant et un retour à la dure réalité qui se traduisait souvent par « BON MAINTENANT TU LÂCHES TON ORDINATEUR ET TU VIENS MANGER ! » que John finissait certainement sa course dans les mers du Pacifique Sud. Le courrier acheminé par le fier pilote de l’US Air Force n’atteindrait donc jamais sa destination, et l’affront fait aux femmes et enfants de la glorieuse Amérique resterait impuni, car les parents ont tué le rêve et l’enfance déjà se meurt.

Maintenant que les deux ou trois dépressifs qui lisaient ce blog (à ceux-ci je dirai « mais vous êtes pas bien ?! ») se sont certainement pendus – mes condoléances aux familles – vous aurez compris que nous retournons à nouveau faire une expédition temporelle dans les Lego de notre enfance. Nous retournons à une époque bien avant que la franchise Lego City existe ; alors tout se résumait à une seule franchise nommée Legoland. A ce sujet, le nom français de ce set 6375 est une traduction de ma part complétement subjective, car je n’ai pas trouvé de sources autres que les habituels sites en anglais, donc si vous connaissez le nom français d’origine n’hésitez pas à me faire signe dans les commentaires.

Retour donc un an après la chute du Mur et neuf ans après celle de Giscard pour un petit déballage en bonne et due forme, car tel est l’objet de ce blog, même si j’ai tendance à l’oublier. Je sens d’ailleurs que je peine à vous contenir, vous n’y tenez plus, vous voulez tout, tout de suite, sans jamais attendre, le beurre et l’argent du beurre, la crémière et le pays ! Rien ne vous arrête, bande de chenapans ! Okay, alors ouvrons l’machin.

Oui, point de boîte ici, ce set est une découverte faite dans un lot de briques en vrac sur un vide-grenier, complété par quelques pièces en rab.

Montage

Ah … Le retour aux collections d’antan a toujours un charme certain, notamment pour ce qui concerne les mini-figurines et leurs expressions faciales. En 1990 on ne croulait pas encore sous des visages aussi variés qu’aujourd’hui (quoique l’on retrouve encore trop souvent les mêmes je trouve) et je suis toujours touché par le charme désuet des Lego d’antan.

Pour ce qui est des différentes mini-figurines présentes dans le set actuel, il n’y en a que deux, en la personne du pilote d’avion et de celui de l’agent de quai. Je fais tout de suite un mea culpa, car le buste que je possède pour le pilote est la version moderne du buste original qui comportait moins de teintes. Il faut dire que le set présenté ici est, comme souligné plus haut, une récupération inespérée dans un sac de briques en vrac, avec quelques ajouts de ma part pour compléter les manques, un miraculé en quelque sorte.

Et on sourit bien tout grand pour la photo !

Il n’y a pas grand chose en plus dans les accessoires pour nous mettre en appétit, à l’époque on savait se contenter de peu, la preuve Lagaf faisait encore rire des gens. On notera par contre que Lego n’avait pas lésiné sur le nombre de boîtes postales à livrer, et que nous en avons trois jolies à notre disposition pour jouer.

Pour ce qui est du montage à proprement parler, on est sur un grand classique qui nous propose de monter premièrement les divers engins destinés à la manutention, pour enfin nous concentrer sur le montage de l’avion. À ce sujet, le manuel d’instruction, velu, comme souvent à l’époque, me surprend un peu dans sa conception mais bon, on va dire qu’on était moins intéressés par la communication dans les nineties.

Les engins de manutention sont un petit camion et un chariot élévateur. La construction est basique, pour ne pas dire austère, mais efficace. Elle permet aussi de faire connaissance avec des pièces aujourd’hui oubliées comme cette merveilleuse pièce de levage qu’on peut admirer ci-dessous. On ravale quand même ses moqueries devant l’aspect brut de décoffrage du bousin, qui ne manque pas d’un certain charme, les standards de cette période n’étaient pas les mêmes que maintenant. J’avoue que cette pièce m’était complétement inconnue jusque-là.

La pièce en question, peu utilisée depuis, il va sans dire.

L’avion se monte en deux blocs reliés par de bonnes vieilles briques charnières, permettant d’accéder l’intérieur de la soute en déplaçant la queue (tiens exactement ce qu’on aurait aimé avoir dans le set 60193 de l’hélicoptère de l’Arctique…). Le montage est assez simple là aussi, peu de surprises nous attendent dans les premières étapes. Le toit de l’engin s’ouvrant pour permettre un accès complet à l’appareil pendant la manipulation, nous avons droit à une mise en place de diverses briques planes et autres charnière pour rendre la chose possible.

Deux choses m’embêtent un peu une fois l’avion construit. La première c’est que la queue de l’appareil n’est maintenu dans sa position « fixe » que par une bête brique 2×2 qui se pose et s’enlève suivant les envies du joueur. C’est un peu dommage, et dénote un problème qu’on a résolu dans la facilité après tests, plutôt que de repenser le modèle de bout en bout. A moins que ça soit quelque chose de normal pour l’époque…

C’est le genre de détails qui m’agacent … Lorsqu’on va passer son temps à monter et démonter une brique se fixant trop bien pour cet usage (et donc perdre un ongle au passage).

La seconde chose c’est la position des roues à l’avant de l’avion, je ne comprend pas pourquoi avoir fixé cela à cet endroit plutôt qu’à une zone ou la fixation aurait renforcé la structure (2 tenons plus en avant ou en arrière). Ça n’aurait pas été choquant outre mesure. Ce petit grief est pas contre mineur, surtout comparé au premier, qui fait qu’on utilise peut à l’usage la partie amovible arrière, ce qui est fort dommage car c’est la plus complexe à monter de tout l’appareil.

« -Et Kürt ! Il manque une roue à l’avant !
-Ah merde, attends ! *pose au pif* Et voilà !
-T’es un génie Kürt, prend moi tout de suite sur ma table Ingatörp !

Bon maintenant qu’on a vu tout ça, voici le moment de la petite vidéo qui va bien. Alors j’ai mis une musique 8-bits bien violente pour vos oreilles chastes par dessus (composée par Takashi Tateishi pour l’inoubliable jeu Megaman 2). Au début je me suis dit : « oh je vais rajouter pleins de sons en plus ! » mais ça fait déjà plus d’un mois que je n’ai pas mis de nouveaux articles dans le blog et si ça continue on va croire que j’ai abandonné. Tiens tant qu’on y est à pointer les évidences, le fond pour les vidéos « City » est quasiment terminé, il ne lui manque plus que de remplacer le blanc par un joli fond imprimé … ce qui devrait arriver rapidement. Avant de me lancer dans le fond … des glaces !

On va toujours vers du mieux, bientôt Hollywood les enfants !

– Interactions et Univers –

Ces véhicules sont quand même vraiment trop choupis !

Dans les années 90, l’univers Legoland Town est déjà bien étoffé avec de nombreux sets, et l’aéroport commence à être plutôt fourni. Ce set-ci vient donc compléter les choix possibles entre les différents aéroplanes de l’époque. On lui reconnait sa forme caractéristique dues aux briques utilisées ces années-là (Le rock’n’roll faisait ses premi... pardon, je m’égare) pour les avioniques.

L’idée de l’avion postal est une nouveauté (qui sera reprise avec moins d’ambition dans le set 7732) et apporte pas mal de possibilité de jeux, notamment autour de l’acheminement des caisses et de leur chargement dans l’avion, puis de leur déchargement. Le chargement se fait naturellement par l’avant et l’on se plait à ranger les petites boites au fond de l’appareil avant le décollage.

Dedans ce trouve le script remanié de la prélogie Star Wars, celle qui en aurait fait de bons films. L’avion n’a jamais atteint sa destination comme nous le savons désormais.

Le déchargement par l’arrière de l’appareil est un peu plus compliquée car on a à peine la place d’y insérer un doigt (Geoffroy, gros dégueulasse, arrête de rire stupidement) pour aider les boîtes à sortir de la soute. On utilisera comme toujours la bonne vieille technique de la pièce qui pousse de l’autre coté pour tout évacuer. On comprend pourquoi Lego est passé plus tard sur des véhicules à six tenons de large en voyant cela.

Insérer ici vos blagues graveleuses et inavouables.

On se plait vraiment aussi à l’utilisation des deux petits véhicules que permet de monter le set (Lego a toujours bien aimé avoir des petites constructions annexes dans les grosses boites, et nous aussi d’ailleurs). Il manquerait juste une mini-figurine de plus pour pouvoir en jouir parfaitement sans avoir à déplacer toujours une des deux d’un véhicule à l’autre.

Bref, on s’amuse vraiment bien avec ce set qui se trouve être très complet et plutôt bien pensé malgré deux trois petits reproches, qui sont notamment dus au fait qu’on les teste avec le recul confortable des années, et des nouveaux sets, souvent plus aboutis. En tout cas ne boudons pas notre plaisir, surtout qu’il va continuer grâce au Némésis que sont les montages secondaires de toutes les vieilles boîtes de Legoland !

Bon, maintenant qu’on a tout construit, on casse tout pour passer 15 ans sur les montages secondaires de l’Enfer !

– Montages secondaires –

Allez zou, on s’y colle. Je n’ai pas la boîte, certes, mais en fouillant bien les méandres de l’internet, je suis quand même tombé sur une photo pas trop inutilisable de l’arrière de la boite présentant donc les fameux montages alternatifs. On remarque qu’il y a plusieurs niveau de violence et qu’on peut donc choisir d’aller de façon graduelle et mesurée dans la douleur.

Comme je suis quelqu’un qui, contre toute attente, est plutôt sympathique, j’ai profité de l’exercice pour utiliser l’excellent logiciel Studio mis en ligne par les malades mentaux de chez Bricklink, qui, non content d’être excellemment bien foutu, permet de créer des notices de montages classieuses pour prêcher la bonne parole auprès du commun des mortels. Attention cependant, j’ai fait ces notices avant de faire les constructions, et il y a certains éléments que j’ai parfois utilisé en double alors qu’ils ne sont pas présent en autant d’exemplaires dans la boite d’origine. Ce sont donc des aides, mais il serait bon de conserver à l’esprit que tout n’est pas parfait dedans, ça le sera peut être la prochaine fois, soyons fous !

On commence doucement avec un petit tracteur qui utilise peu de briques. Simple à monter, c’est le niveau facile, on arrive à le construire sans trop de problème après deux ou trois tâtonnements le temps de se mettre en jambe. Le manuel d’aide à la construction est disponible ici.

Sur mon exemplaire on remarque que j’ai troqué l’assise bleue contre une rouge, tout simplement parce qu’en rouge ça ira plus vite #blaguedenerd.

Le niveau suivant, qui commence à être un peu plus ardu, c’est celui qui va nous mener dans la construction de deux bateaux comportant quelques subtilités pour faire en sorte que le tout tienne sans se casser la gueule au premier changement de cap. La première subtilité c’est qu’il faut utiliser un des supports de roues comme barre pour le mat du bateau à voile. Malin. La seconde c’est de se souvenir de l’époque de mes huit ans et qu’il était alors possible de faire tenir des plaques Lego perpendiculaires l’une à l’autre en les coinçant entre deux tenons. C’est honnêtement la partie qui m’a prit le plus de temps … Environ vingt minutes de longs râles plaintifs avant que mon fils de trois ans me montre la solution malgré lui. Le manuel d’aide à la construction est disponible ici.

Non mais sans déconner … c’était si simple en fait …
« – Capitaine, où allons-nous donc ?
– Vers la ville de tous les pêchés, moussaillon, vers Meulin ! »

Vient ensuite le niveau difficile avec le camion postal, et son conducteur qui n’y voit rien car la barre du pare-brise lui cache le visage ! Enfin bon pas grand chose à dire dessus, mis à part qu’il faut prendre soin d’avoir à ses côtés un oreiller pour hurler de frustration dedans de temps à autre. Le manuel d’aide à la construction est disponible ici.

Ce petit camion est sympathique, mais la barre en plein dans le champs de vision du conducteur ne doit pas vraiment l’aider à arriver en un morceau !

Au même niveau de difficulté, nous retrouvons un hélicoptère plutôt sympathique, certes, mais qui présente selon moi un défaut majeur au niveau de la solidité. C’est peut être dût au fait aussi que j’ai mal interprété le visuel et que mon montage n’est pas bon, mais il me semble que ce n’est pourtant pas loin de la réalité. Le problème vient de la queue de l’appareil qui est tenue par une seule et unique brique. Résultat, ça ne tient pas vraiment très bien, et ça a tendance à tomber.

La seule pirouette que j’ai trouvé et qui est une entorse au modèle présenté à l’arrière de la boite, c’est de déplacer la plaque rotative des hélices d’un cran vers l’avant pour fixer solidement le tout en haut autant qu’en bas. Si quelqu’un a trouvé une autre façon de le monter, qu’il n’hésite pas à me le dire dans les commentaires. Le manuel d’aide à la construction est disponible ici.

La photo qui fait croire que tout tient bien !
La seule fixation de la queue est assurée par les deux briques pentues tenant les roues. Monté comme ça, ça se désolidarise assez souvent. Problème.
La solution. On dira que « ça passe » mais ça me chagrine un peu de pas avoir trouvé mieux.

A peine plus compliqué, Lego propose un avion monté un peu différemment. Mouais. Autant les autres montages ont l’intérêt de nous faire construire quelque chose de vraiment différent, autant celui ci est trop proche de l’original pour vraiment susciter une envie folle de le préférer au montage standard. Enfin, si vous voulez le monter quand même, le manuel est disponible ici, qui suis-je pour juger ?

L’absence d’imagination, allégorie.

Bon … On s’est bien amusé mais maintenant il va falloir pleurer des larmes de sang en tentant de reproduire la META-ROQUETTE-DE-L’ESPASSS™, qu’on a tous bien remarqué depuis tout à l’heure et que je me retiens de vous montrer depuis le début. Il faut beaucoup de tâtonnement pour la construire, mais l’impossible n’est pas français, nous le savons tous bien.

Les deux éléments qui posent problème sont le pas de tir, évidemment, et la fusée. Commençons par la fusée, qui demande quelques entorses, notamment en laissant complétement toute volonté de lui faire un plancher (elle possède donc une face non recouverte). Pour ce qui est du pas de tir, déjà il se trouve qu’il y avait moins de briques disponibles que dans mon manuel (j’ai du en dupliquer sans faire gaffe dans l’éditeur …), et j’ai du donc improviser sur le dernier étage. Il y a ensuite quelque chose d’amusant concernant la lumière tout en haut, car il n’y a pas de brique amovible dans le set permettant de faire un angle, on utilise donc … les jambes de la mini-figurine du pilote. C’est culotté (qu’est-ce qu’on rigole !).

Pas fâché en tout cas d’avoir réussi à la monter celle là, comme disait le Roi Soleil en contemplant sa cousine, et non je n’ai pas plus de photos. Ivre de joie, sans doute, et d’alcools frelatés, probablement, elles sont toutes floues ! En tout cas s’il vous prend l’envie de construire vous même la chose, le manuel d’aide est disponible ici !

« Mais c’est super moche en fait ! » a été ma première réaction une fois à jeun.

– Conclusion –

Et bien nous voici déjà à la fin de cet article tant attendu par mes fans (comme Jean-Pascal de la compta, Romain du service logistique, Florian, l’éternel stagiaire, et l’intégralité de mon entreprise qui constitue ma seule relation avec le monde extérieur), et il va donc falloir donner un avis sur ce set 6375 dit de l’avion postal.

Autant être direct, inutile de faire profiter les spéculateurs de l’argent qu’ils demandent pour un set neuf. 200 euroboules, et puis quoi encore ? Par contre il reste un peu cher malgré tout car il contient des pièces assez rares, donc ne vous attendez pas à le trouver en dessous de 20 à 25 euroboules quand même. Pour ce prix là on est dans la moyenne de ce qui se fait actuellement dans les sets de taille équivalente, et il vaut bien ce prix-là.

C’est un oiseau ? C’est avion ? Non bande d’idiots, c’est un chemtrail !

C’est un bon set, avec une belle histoire à se raconter pendant qu’on joue, avec des figurines sympatoches et plein de possibilités de constructions secondaires pour ceux qui trouvent que deux briques ne sont jamais autant heureuses que séparées. J’aurai tendance à fortement le conseiller si vous le croiser au détour d’un vide-grenier ou d’un clic sur un site de vente, il vaut vraiment le coup surtout qu’il est plutôt abouti et élégant pour l’époque (1990 je vous le rappelle !)

Sur ces belles paroles, je vous laisse et vous dit à très vite (j’vais avoir un peu de temps normalement) pour d’autres tests vintage ! Cœurs avec des briques !

P.S. : Si vous avez des remarques sur la tenue de ce blog (trop de photos, pas assez, photos mal faites, textes trop longs, trop courts, etc) n’hésitez pas à me laisser des commentaires, et j’essaierai de ne pas les ignorer ! Ah et tant que j’y suis, je revends ce sets, vu que je commence à accumuler trop de légo et que mon rangement maniaque m’impose de faire des choix pour faire de la place ! Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas non plus à le signaler !