N° du set60150
FranchiseCity
CollectionRestauration
Nb de pièces249
Nb de minifigs2
Âge conseillé5+
Prix max19,99€

« Salade, tomate, oignons ? » demande toujours laconiquement le vendeur de sandwichs à emporter et ce que ledit sandwich soit grec, turque, ou amérindien. C’est lors de la prise d’un tel sandwich, perdu quelque part entre mes vingt ans révolus depuis longtemps déjà et la ville d’Aubusson en Creuse, que je me suis rendu compte de l’absurdité de cette question qui en est rarement une. Elle fait partie du rituel de l’habitude comme le pizzaiolo qui vous accueille avec un sourire de pirate en lançant à la cantonade un « Salut, chef ! Comment ça va aujourd’hui ? ». Et là encore la question n’en est pas vraiment une, car nul doute que ledit artisan de la pâte pas assez cuite ne va pas se métamorphoser en psychanalyste de renommée dans la minute qui suivra un « non ! » laconique du client. Il se contentera de grommeler que ça c’est, au hasard, la faute de la gauche, des gilets jaunes, des femmes, ou de tout ce qui à ses yeux est l’œuvre de Satan.

Je me plais cependant à penser que mon pizzaiolo Lego (oui car on en vient enfin au cœur du sujet) n’est pas de ceux-là. Non, lui fait parti des rares commerçants bénis qui ne parlent pas pour meubler.

En 2018, Lego sort donc en plus de la gamme Arctique une série de sets concernant beaucoup plus spécifiquement l’espace urbain. Le camion de pizza en fait donc parti, et avec lui les souvenirs de rentrées tardives des plages du sud, où le touriste affamé se rue sur des pizzas au gout prononcé de carton et de garniture bon marché. Après avoir fouillé un peu les méandres sombres de l’internet, j’ai remarqué ce set est une nouveauté en soit, car quand bien même une pizzeria était proposée en 1994, le camion avec son four n’était pas apparu jusque là.

Comme je vois qu’à force de causer de pizzas, votre ventre gargouille déjà et que je ne vous tiendrai pas longtemps à me lire, vu que vous imaginez déjà le fromage chaud crépitant sur la tranche de jambon, en train de dorer dans un antique four à pain… Okay j’arrête la torture, on ouvre la boîte et on regarde ce qu’elle contient !

Oui, je sais que vous êtes contents de voir qu’on a enfin des boîtes et des sets neufs.

– Le montage –

Allez, il est venu le moment porno du déshabillage de mini-figurines ! Bon okay c’est sûr qu’on est pas autant en émoi qu’avec une poupée Barbie (je vous vois parfaitement vous rappeler les instants interdits que vous avez vécus, cloîtrés derrière la porte des toilettes, sanctuaire divin d’où l’on est jamais dérangés – sauf parfois par des Tyrannosaures chafouins, mais c’est heureusement assez rare de ce côté là de l’Atlantique). Où en étais-je ? Ah oui ! Les mini-figurines ! Donc nous en avons deux comme souvent dans les sets qui flirtent avec les vingt euroboules et nous avons droits à quelques ustensiles sympas.

Le plus notable est évidemment le scooter rouge (red is faster, ne l’oublions pas) et le fait qu’on possède plusieurs possibilités de coiffe pour les personnages avec le casque dudit scooter. Les plaques des pizzas sont tampographiées et c’est tant mieux, surtout qu’on va quand même avoir quelques stickers à coller durant le montage. Ce que les photos ci-dessous ne montrent pas c’est que l’on aura au final en plus une canette et un cornet de frite plutôt réussi (réutilisant une brique bien connue, traditionnellement utilisée pour les gisements de minerais). tout cela rajoute beaucoup à l’ensemble et permet d’avoir de quoi rassasier les clients curieux.

Évidemment, devant cet amoncellement de coiffes, je n’ai pu m’empêcher de me la jouer « au diable cette société genrée, soyons gender-fluid bordel ! »
C’est tellement mieux !

Le montage est divisé en deux parties comme dirait Perceval, et la première partie ce n’est pas vraiment encore le montage. On commence donc par une petite aire de repas sommaire avec son petit parasol. Une fois ceci achevé on commence par la structure du camion, et on reste sur quelque chose de très similaire aux montages des différents camions de pompiers déjà traités dans des articles pleins de talents, sur ce même blog.

Si la construction du coin cuisine est somme toute plaisante (mention spéciale pour le four et les petits ustensiles posés ça et là), je ne peux malheureusement pas en dire autant de la cabine du camion. Ultra sommaire, composée de trois briques et demies, avec un volant et un doigt d’honneur en signe de remerciement d’avoir suivis les instructions. En un mot comme en cent : déception. Étrangement pas de siège… C’est quand même assez rare pour être remarqué. Ce n’est certes pas non plus une insulte malgré mon ressenti, mais c’est quand même assez bâclé, surtout vu le nombre de pièces présentes dans le set. C’est assez dommage car cela donne l’impression que cela a été conçut à la va-vite parce qu’il fallait sortir X sets City en 2018 et qu’on était en panne d’inspiration. Moche.

Il est à noter sinon qu’on a une très grande quantité de stickers à coller sur les différentes briques qui constituent la carrosserie du véhicule, allant de la simple plaque d’immatriculation (qui là aussi est posée sur une bête brique 2×4 là ou la plupart des sets contemporains nous proposent des trucs un peu plus chiadés) aux gros panneaux d’affichage. Pas forcément compliqués à posés, c’est par contre indispensable pour donner du cachet à l’objet final.

Pour revenir aux déceptions lors du montage, celles-ci sont d’autant plus regrettables que le reste du véhicule est vraiment très bien pensé. D’ailleurs, quoi de mieux pour vous le montrer que de vous présenter cela en vidéo avec pour musique cette fois-ci un extrait de la bande originale de Bully : Scolarship Edition. Allez, installez-vous bien confortablement dans votre fauteuil et vivez l’instant !

Qu’est-ce qu’on s’amuse !

– Interactions et univers –

La restauration est un thème assez récurent (ce qui est évident) dans la gamme City ou dans la gamme Creator. Qu’on parle de restaurant de hamburgers présents dans le set 60124 de l’intervention des pompiers au dit restaurant, les sets 3-en-1 proposant un snack ou les sets Experts proposant des restaurants dans de somptueux bâtiments haussmanniens, c’est un univers ultra-utilisé et symbolique de la vie en ville.

L’interprétation faite par Lego dans ce set-ci est très acceptable et le petit coin cuisine du camion est extrêmement efficace, le montage permettant d’en deviner toutes les fonctions. On y remarque pelle-mêle une canette de soda, une magnifique brique de frites en cornet, une caisse enregistreuse, un four à pain, deux distributeurs de sauces (ketchup et mayonnaise ?) et surtout des briques striées blanches de part et d’autres qui simulent parfaitement l’empilement de boites cartonnées en attente d’être montées et de contenir une pizza. Cela contraste étrangement avec la grossièreté du montage à certains moments comme décrits plus haut.

le fameux coin cuisine, qui vaut quand même largement le coup d’œil !

Pour le reste de la camionnette, les portes latérales s’ouvrent sans problème pour laisser passer les doigts des enfants et jouer en y déposant le pizzaiolo. Je ne suis pas un enfant de six ans, même si mon humour pourrait parfois vous en faire douter, et je ne sais pas vraiment encore quelle est la dextérité fine des créatures de cet âge-là, mais avec mes gros doigts boudinés, placer une mini-figurine dans cet espace exigüe sans en démonter le toit est un peu compliqué. Ce n’est pas pour autant qu’on ne se prend pas au jeu pour se lancer dans des petites scènes sympathique.

« Gérard, il me faut une spéciale anchois-nutella-double-crème pour la 24 ! »

La seule chose regrettable au niveau jeu dans le set c’est l’absence d’une mini-figurine de client, car même si la livreuse en scooter peut se coiffer de sa plus belle perruque châtain, ce n’est pas tout à fait pareil. Par contre avec un ou deux personnages en plus, les histoires prennent un peu plus d’intérêt.

Je me suis souvent demandé si un pizzaiolo avait ou non de la chance. Il faut dire qu’il peut manger des pizzas à chaque repas ; le rêve de tous les enfants face à une assiette de brocolis.

Le véhicule remplit sa fonction, et l’ajout du scooter de livraison à domicile et de l’aire de repas rajoutent encore aux possibilités de jeux et aux scènes que l’ont peut tous facilement s’imaginer avec ce set. C’est brut parfois dans les finitions, mais c’est efficace et il n’y a que l’esthète de moins en moins trentenaire que je suis pour remarquer ces détails qu’un enfant de six à dix ans, cœur de cible d’un tel produit, ne remarquera certainement pas. En tout cas les collectionneurs de vendeurs de rues ont un véhicule de plus à rajouter à leur flotte.

Le set au grand complet, oui, parce que j’avais oublié de tout mettre ensemble dans une même photo je viens de me rendre compte.

– Conclusion –

Alors, alors, que penser donc de ce set 60150 dit du camion pizza ? Vaste problème, car il me donne envie à la fois de l’aimer et de le détester, un peu comme une série Canal en quelque sorte. Il me donne envie de l’aimer car il est dans une fourchette de prix qui le rend acceptable et qui permet de faire un beau cadeau à un enfant ou un adulte qui aime les petites briques en plastique. Il est assez élégant en extérieur et remplit très bien le rôle qui est le sien.

J’ai envie aussi de le détester comme je l’ai déjà dit, car la construction est bâclée par endroits, il n’y a pas d’autres mots. On s’est concentré sur le côté cuisine en délaissant totalement le fait que l’on pourrait aussi aimer construire le reste de l’intérieur du véhicule de manière plus fine. Ça gâche énormément le plaisir de la construction de voir que ce qui est devenu un standard dans le reste de la gamme City n’est pas ici respecté (pare-chocs montés à part, intérieur des cabines travaillé un minimum).

Ça reste malgré tout un bel ensemble, mais gâché par ces grossières erreurs qui n’ont aucune justification possible, même pas celle du prix du set ; c’est pourquoi j’ai du mal à en recommander l’achat pour quelqu’un qui hésiterait avec autre chose. Après n’oublions pas que mes avis sont ceux d’un adulte pour un autre adulte, mes enfants ne voyant en ce set-là absolument aucun défaut de constructions.

Ce petit article terminé, je m’en vais me terrer dans la neige et espère revenir rapidement après les fêtes avec un set un peu plus de saison … Bonne fêtes de fin d’année à vous tous, enfin si et seulement si vous les méritez…

C’est beau un camion pizza qui s’apprête à s’envoler pour rejoindre le reste de sa nuée.

P.S. : Si vous avez des remarques sur la tenue de ce blog (trop de photos, pas assez, photos mal faites, textes trop longs, trop courts, etc) n’hésitez pas à me laisser des commentaires, et j’essaierai de ne pas les ignorer !